Publié dans Présent du 5 juin 2007
1er dimanche après la Pentecôte, fête de la Sainte Trinité.
Niafles : les paroissiens ne s’essoufflent pas.
Ce jeudi 31 mai, les représentants de l’association Saint Martin de Niafles pour le maintien de la messe traditionnelle qui s’est constituée pour garder sa communauté à Niafles autour de l’abbé Loddé, après six heures de négociation avec Monseigneur Maillard et son vicaire général, ont fini par obtenir : une messe à 10 heures 30 selon le rite traditionnel « dit de Saint Pie V », disposition provisoire, à l’Eglise des Cordeliers à Laval. Cette association, avec tous les fidèles de la paroisse, se réjouit qu’une messe traditionnelle soit concédée sur le diocèse de Laval, et qu’enfin puisse s’ouvrir un dialogue qui jusqu’à présent n’a jamais eu lieu puisque aucun acte précis et favorable n’avait été posé.
Assez nombreux furent les fidèles de Niafles à assister à cette messe aux Cordeliers, aujourd’hui, célébrée par le Père Favelin, enfant du pays, de la Fraternité dominicaine Saint Vincent Ferrier (Chémeré-le-Roi). Ils répondent par leur présence à l’ouverture qui leur est faite.
Et plus nombreux encore, Pour ne pas déserter leur église de Niafles, les fidèles qui l’« occupent » ont organisé une messe en extérieur, entre l’église et le jardin du presbytère, à l’heure habituelle de la messe dominicale, suivie par de plus nombreux fidèles encore. Cette messe fut dite par un prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, l’abbé Neri, qui leur a fait la charité de se déplacer depuis Paris pour réconforter, encourager et fortifier par le sacrement de l’Eucharistie les résistants dans l’Eglise, de Niafles. L’abbé Neri, d’origine mexicaine, a eu son grand-père Cristeros tué en haine de la foi. Ce fut une grande émotion d’entendre son sermon si réconfortant, sous le claquement des drapeaux fleur de lysés frappés du Sacré Cœur, dans un village de la Vendée militaire, du diocèse de Laval particulièrement, où le Clergé de Laval paya chèrement sa fidélité à l’Eglise, par la déportation et la mise à mort de 14 de ses prêtres, aujourd’hui bienheureux.
La nouvelle « Vendée » tient toujours.
Mais les fidèles dans leur ensemble n’oublient évidemment pas leur objectif qui reste le maintien d’une communauté autour d’un prêtre, dans une église proche de chez eux, en Haut Anjou, pour vivre leur vie chrétienne avec la messe et les sacrements de la manière traditionnelle de l’Eglise. Tous espèrent ici qu’après le premier acte de paix fait par Mgr Maillard, puisse s’établir un dialogue, avec un calendrier précis et des interlocuteurs représentatifs, dont le terme ne peut qu’aboutir à la justice et au bien de l’Eglise, dans une sérénité retrouvée.
Il y a déjà pas mal d’années, Jean-Paul II publiait un motu proprio rappelant la légitimité, dans l’Eglise, de la messe traditionnelle. Il en demandait (ordonnait) à tous les évêques du monde une application large et généreuse. Mgr Maillard applique un peu timidement (et il n’est pas le seul en France) en 2007 cette disposition. Les catholiques romains de la paroisse de Niafles veulent y voir une attitude bienveillante d’un évêque envers les fidèles de son diocèse et une bonne disposition envers ce que lui demande depuis tant d’années le successeur de Saint Pierre. |